BEIGNET DE FLEURS DE SUREAU

En cette période (fin mai, début juin) les abords des chemins et des routes sont remplis d’arbustes à fleurs blanches : les sureaux noirs (nommés ainsi en raison de la couleur de leurs fruits)

Faciles à reconnaître, ils ont environ 3 m de haut, (voire plus pour les plus vieux) et leurs fleurs sont ouvertes en ombelles blanches.

Leurs fleurs se dégustent en beignets, sucrés ou salés à votre guise. Leurs fruits noirs serviront à faire de la gelée.

Ingrédients :

  • Une dizaine de fleurs de sureau + 3 ombelles
  • 200 g de farine
  • 2 œufs
  • 2 verres de lait
  • 1 pincée de sel
  • 1 càc d’huile
  • Huile pour friture

Préparation :

Rincez rapidement les fleurs de sureau (ou secouez les simplement si elles ne sont pas polluées pour en faire sortir les hôtes)

Egrenez les 3 ombelles dans un petit saladier, pour ne conserver que les petites fleurs

Faites bouillir le lait et versez le sur les les fleurs égrenées, laisser infuser et refroidir

Filtrez

Mélanger la farine, le lait , les jaunes d’œufs, le sel et l’huile.

Laisser reposer cette pâte pendant ½ heure.

Pendant ce temps battez lesblancs en neige.

Incorporez les blancs dans la pâte légèrement levée.

Cueillir les ombelles de sureau peu de temps avant l’emploi pour qu’elles soient fraiches. Leur garder environ 10 cm de queue. Les rincer à l’eau froide, et les secouer légèrement pour enlever le surplus d’eau.

Faire chauffer l’huile.

Saisir les fleurs par la tige, les plonger dans la pâte puis dans l’huile et les   laisser dorer.

Poser les beignets sur un plat et absorber le surplus d’huile.

Ces beignets peuvent se manger chauds ou froids, sucrés ou salés à votre goût (personnellement je les trouve meilleurs avec du sucre !)

CAKE AUX ORTIES

Vous êtes invités ou vous invitez des amis, et vous cherchez un apéritif qui change du traditionnel cake au jambon ? Etonnez vos amis avec un cake aux orties !

Les orties, auxquelles nous nous sommes tous frottés un jour, parfois bien malgré nous, et qui nous laissent de cuisants souvenirs, sont pourtant nos amies.

Elles poussent à profusion et ne demandent qu’à être cueillies.

Personnellement je les utilise aussi comme engrais et antiparasite pour mes plants de tomates (je ne fais pas de purin, mais je coupe des feuilles que je mets au fond du trou de plantation avant d’y mettre mes pieds de tomates).

L’ortie se cuisine de plusieurs façons, en voici une sympathique pour un apéritif ou un soir, accompagné d’une salade verte.

Ingrédients :

  • 100g d’orties (environ un saladier de jeunes pousses, de préférence le haut de la tige)
  • 3 œufs
  • 150g de farine
  • 1 sachet de levure chimique
  • 120 ml de lait
  • 1 petit poivron rouge (ou des poivrons à l’huile si vous n’avez pas le temps)
  • 100 de gruyère râpé (ou de comté si vous souhaitez un goût plus prononcé)
  • Sel, poivre, muscade

 

Préparation :

  • Oter les feuilles les plus tendres des orties (attention ça pique).
  • Coupez-les grossièrement avec des ciseaux
  • Couper le poivron en deux et épépinez-le.
  • Faites-le griller au four, jusqu’à ce que la peau devienne noire et cloque
  • Lorsque la peau est prête à être enlevée, mettez les poivrons 5 mn dans une boite hermétique
  • Pendant ce temps, mélanger farine, œufs et levure.
  • Incorporez le lait tiédi
  • Enlever la peau des poivrons et couper les en lamelles épaisses
  • Ajouter les orties et les poivrons au mélange œufs/farine
  • Ajouter sel, poivre et noix de muscade
  • Beurrez un moule à cake
  • Faites cuire environ 45 mn à four moyen (th 6/7 ou 180°)

 

L’ortie, lorsqu’elle est tendre, a un goût très doux qu’il faut relever (sans le masquer) avec d’autres ingrédients.

QUELQUES CONSEILS POUR LA CUEILLETTE DES PLANTES SAUVAGES

La nature est riche et nous offre ses trésors… à condition de bien les reconnaître et de savoir les cueillir avant de les déguster.

  1. Ne cueillez que les plantes sauvages que vous êtes sûrs de reconnaître. Cela semble une évidence, mais mis à part quelques plantes, fleurs et arbres aisément reconnaissables ou connus de tous, certaines plantes sauvages peuvent être confondues avec d’autres. Au mieux, cela n’aura pas le même goût, au pire les plantes sauvages cueillies peuvent être toxiques. Soyez vigilants. Apprenez à reconnaître les plantes toxiques
  2.  Pour les mêmes raisons, triez votre cueillette, pour vérifier si toutes vos plantes sont mangeables, et enlever les parties qui ne se mangent pas
  3. Cueillez les plantes sauvages dans les endroits sains. Evitez les bords des routes, les abords de voies ferrées, les sites pollués (pesticides proches, anciennes décharges, ..) et… votre jardin si chats et chiens y font leur besoins !!
  4. L’Echinococcose est transmise par un tænia appelé échinocoque via les excréments (et non l’urine) du renard mais aussi par ceux du chien ou du chat qui souillent la plante. Il est donc toujours plus sûr de cueillir au dessus de 50 cm environ et dans les zones où il y a le moins de passage. Les symptômes sont de la fièvre et des douleurs abdominales. Le parasite va former des kystes au foie ou dans différents organes. Le seul moyen d’éliminer les bactéries est de laver et de cuire sa cueillette
  5. Cueillez les plantes sauvages lorsqu’elles sont jeunes. C’est surtout valable pour les feuilles lorsque vous les mangez crues en salade. Leur goût devient plus amer et leurs feuilles moins tendres à maturité et lors de la floraison.
  6. Rincer soigneusement votre récolte avant toute utilisation, avec de l’eau viniagrée (1 volume de vinaigre pour 9 volumes d’eau). Cela ne garantit pas la destruction des bactéries
  7. Cueillez vos plantes à la main, ne les arrachez pas, et ne cueillez pas la totalité des plantes pour les laisser se reproduire
  8. Les plantes sauvages sont très riches en principes actifs, n’en mangez pas trop à la fois !
  9. Et enfin, vérifiez si vous avez le droit de cueillir les plantes: il se peut que vous soyez dans une zone protégée.

POURQUOI UN BLOG SUR LA CUISINE DES PLANTES SAUVAGES

L’idée de ce blog est venue, je crois, de l’envie de retrouver un sentiment d’enfance, là où les plantes étaient source de joie, où nous cueillions pour notre maman boutons d’or, pâquerettes, marguerites, anémones et coquelicots…

Mon enfance et mon adolescence sont indéfectiblement liées à la nature, celle d’avant les immeubles qui ont remplacé les champs où nous jouions, les bordures fleuries des routes que j’empruntais à pied pour l’école. Mes souvenirs sont pleins de ballades avec nos chiens, dans la forêt alentour ou dans les Vosges, et je ne suis jamais aussi heureuse que lorsqu’au détour d’un chemin, je hume l’odeur si particulière du sapin coupé.

La cuisine des plantes sauvages a débuté plus tard, lorsque nous avions une maison de campagne dans les Vosges. Quel plaisir de cueillir les fleurs de sureau et de tester des beignets, de traquer l’aspérule dans les sous-bois pour le vin de mai, de se barbouiller de mûres ou de myrtilles pour les manger à même le buisson !

Et puis, je suis devenue une grande personne.  Je travaille dans un bureau, je n’ai plus eu de chien à promener  mes journées d’absence étant trop longues (mes chats, libres, n’ont pas besoin de moi heureusement) et  j’ai traqué les mauvaises herbes dans mon jardin pour avoir un beau gazon.

Mais il me manquait quelque chose. Quelque chose de vital. Quelque chose que mon petit potager ne suffisait pas à combler. Le sentiment d’appartenir à ce monde, d’y être utile.

Alors, j’ai eu envie de regarder à nouveau avec mes yeux d’enfant cette nature qui nous offre ses trésors avec une incroyable générosité, cette nature que nous avons combattu dans les villes pendant tant d’années et qui, heureusement, reprends le dessus maintenant que les pesticides sont interdits. J’ai eu envie à nouveau de repartir à la chasse au trésor, qui, parfois est dans le jardin juste à côté. J’ai eu envie, en cette période de crise qui n’en finit pas, d’expérimenter une cuisine simple et peu chère, sortant des sentiers battus.

Françoise

APÉRITIF À L’ASPÉRULE (Vin de mai ou Bowle à l’aspérule)

Le Vin de mai est un apéritif d’une saveur inimitable, qui a rythmé mes mois de mai autrefois. Il se boit tel quel ou parfume le champagne et le vin blanc.

Il est réalisé à partir d’une petite plante au moment de sa floraison : l’aspérule odorante (et non pas foudroyante comme a dit un de mes enfants un jour). Elle pousse en lisière de forêt, à partir de 300m d’altitude, mais on peut aussi tenter de la replanter dans un jardin si toutes les conditions sont réunies (terre légère et humide).

L’aspérule est très facile à reconnaître, avec ses feuilles en couronne.

Ramassez là de préférence lorsque les fleurs sont jeunes, et ne l’arrachez pas, elle risque de ne pas repousser. Coupez le haut de la tige avec les fleurs à l’aide de ciseaux ou d’un petit sécateur si vous en avez un.

Vin de mai :

1 poignée  d’aspérules odorantes (fleurs, feuilles, tiges)
1 litre de vin blanc
100 g de sucre.

Mélanger le vin, les aspérules et le sucre. Laisser infuser 30 jours. Filtrer.

 

Si comme moi, vous ne pouvez pas attendre 30 jours pour profiter de votre cueillette, vous pouvez faire du Bowle à l’aspérule :

Il vous faut :
1 litre de vin blanc
1 grosse poignée d’aspérules (jeunes)
100 g de sucre
1/8 de litre d’eau.

Faites bouillir l’aspérule quelques minutes dans l’eau. Verser le vin et laisser frémir encre quelques minutes.
Filtrer et ajouter le sucre. Remuer jusqu’à dissolution
Laisser refroidir.

 

GELÉE DE PISSENLIT (cramaillotte ou Bissangel-Honig)

Vous souvenez vous quand vous souffliez les aigrettes de pissenlit au visage de vos copains ? C’était drôle non ?

Aujourd’hui, plutôt que les bouffer par la racine, j’ai décidé d’en cueillir les fleurs pour faire de la gelée.

Les champs sont encore pleins de ces fleurs jaunes (les feuilles ne sont plus assez tendres pour les salades, on en reparlera l’an prochain). Pour les cueillir, il n’y a qu’à se baisser. Evitez cependant le bord des routes, et des voies ferrées, et, de façon générale, les sols pollués si vous connaissez l’endroit.

Pour un (petit) pot il vous faut  (à multiplier par le nombre de pots que vous souhaitez réaliser, n’en faites pas trop, la gelée ne se conserve pas très longtemps):

  • 20 Grammes de fleurs de pissenlit (environ 2 grosses poignées)
  • 25 cl d’eau
  • 1 demi citron
  • 5 grammes d’agar-agar
  • 5 cl de sirop d’agave
  1. Commencez par enlever le vert des fleurs pour ne garder que le jaune. La partie verte donne en effet un goût plus amer. C’est un peu fastidieux. Le moyen le plus simple que j’ai trouvé est de saisir la partie verte, de retourner vers le bas les pétales verts de l’extérieur, et de tirer le centre d’un coup, un peu comme pour les artichauts.
  2. Dans une casserole, versez l’eau, ajouter-y les fleurs de pissenlit, le jus de citron, des zestes de citron râpés.
  3. Mélanger puis faites chauffer à feu doux tout en remuant de temps en temps pendant 10 minutes.
  4. Filtrer le mélange dans un chinois, essorer bien le reliquat de fleurs pour qu’il ne reste qu’une pâte sèche de fleurs dans le chinois.
  5. Verser le liquide filtré auquel vous aurez mélangé le sirop d’agave. Laissez à nouveau bouillir 10 mn en remuant de temps en temps.

Versez dans un petit pot. Cette recette a le mérite de se faire rapidement, la samedi pour le dimanche matin par exemple !

Dégustez comme du miel sur des tartines, le matin. Mais aussi avec un fromage plus typé. A tester avec d’autres préparations salées.

Bon appétit !