POELEE DE MAUVE SAUVAGE FROIDE (BAKOULA OU KHOBIZE)

Les mauves sont en fleurs, et leur jolie couleur rose se voit de loin dans les prés. J’aime beaucoup leurs délicates fleurs veinées.  Elles font partie de la même famille que les roses trémières qui se mangent aussi

Comme beaucoup de plantes sauvages, les feuilles et les fleurs se mangent indifféremment.

Je vous avais donné la recette du sirop de fleurs ici et celle de jolies tartelettes aux pommes ici

Cette fois-ci ce sont les feuilles que nous allons manger dans une recette aussi fraîche que goûteuse;

Il semble que la mauve soit bien présente dans les pays chauds et que cette salade se prépare aussi bien en Palestine (Khobize) ou au Maroc (Bakoula), avec des variantes et sans doute encore dans d’autres pays.

Si vous ne trouvez pas de mauve, vous pouvez même préparer cette recette avec des épinards. (Personnellement je ne suis pas fan des épinards cuits, sauf les jeunes feuilles en salade et je n’ai pas goûté, à vous de me dire!)

Ingrédients:

  • 2 grands bottes de mauves
  • 1 petit bouquet de persil
  • 1 petit bouquet de coriandre
  • 1 tête d’ail
  • 1 grand bol d’eau
  • 4 c à s d’huile d’olive
  • 2 c à c de sel
  • 2 c à c de paprika
  • Une pointe de piment fort
  • Le jus d’un citron
  • ½ citron confit
  • Olives mauves pour la décoration

Préparation:

  • Lavez les feuilles de mauve dans trois eaux vinaigrées ainsi que les herbes, laissez égoutter et hachez le tout finement.
  • Versez l’eau dans une grande marmite et porter à ébullition, ajoutez les feuilles de mauve, les herbes et l’ail écrasé ; couvrez et laissez cuire jusqu’à évaporation complète de l’eau.
  • Ajoutez l’huile d’olive et laissez dessécher tout en remuant.
  • Incorporez le sel, le jus de citron, le paprika, le piment fort et le citron confit coupé en morceaux.

Présentez la préparation dans un plat creux et la décorer d’olives mauves et de citron confit

Variante: on peut cuire le tout à la poêle pendant environ 15 mn à la poêle à feu doux.

Le plat se mange froid en accompagnement de grillades par exemple, ou seul avec du pain

OEUF MOLLET EN CROUTE D’HERBES SAUVAGES

On fait parfois des découvertes culinaires par le plus grand des hasards. Certes, de milliers de plats de tous pays n’attendent que mon bon vouloir pour être découverts mais la simplicité et la « proximité » de celui-là m’ont surpris. Je n’avais jamais entendu parler d’œuf en croûte, c’est simple.

C’est en regardant une vidéo culinaire de l’excellent Atelier culinaire « Cuisine aptitude » à Strasbourg, où je suis allée déjà prendre des cours supers conviviaux, et qui a inauguré des vidéos live pendant le confinement, que j’ai découvert ce plat.

La simplicité apparente m’a séduite (je dis bien apparente, parce que la délicatesse qu’il faut pour manipuler les oeufs n’est pas si évidente), autant que le mélange du moelleux avec le croustillant et que le faible coût de ce plat. C’est un plat du soir, que l’on peut réaliser en presque toutes saisons avec les herbes du moment, et même des herbes séchées (ou bien sûr des herbes aromatiques cultivées)

La plus grande difficulté a été d’aller chercher les herbes que je souhaitais, et j’ai fait quelques spots avant de les trouver. Il faisait moche depuis plusieurs jours, ça n’aide pas. Pour que mon mélange d’herbes ait du goût, j’avais envie:

d’achillée mille feuilles au goût persillé

de la petite pimprenelle au goût de concombre

du serpolet au goût de thym

Bien entendu, au fil des saisons et de vos trouvailles, d’autres plantes peuvent être utilisées. On citera notamment l’ail des ours et l’alliaire (chez moi elles ne sont plus mangeables), l’égopode au goût de persil, la cardamine hérissée, la menthe sauvage, le plantain… et d’autres encore . Toutes n’ont pas un goût prononcé, comme l’ortie par exemple.  Cela dépendra donc de ce que vous souhaitez donner comme saveur à votre plat.

Ingrédients pour 4: 

  • 4 oeufs mollets + 2 oeufs pour la panure
  • 4 càs de chapelure
  • 2 càs de farine
  • 1 gros bouquet de plantes sauvages
  • huile d’olive
  • sel

Préparation:

  • Lavez vos plantes avec trois eaux vinaigrées
  • Effeuillez-les et mixez-les (ou ciselez les, si vous les préférez plus grossières)
  • Mélangez les herbes et la chapelure, réservez
  • Battez deux oeufs en omelette, réservez
  • Faites cuire 4 oeufs pendant  5 mn dans l’eau bouillante (salée pour qu’ils s’écalent plus facilement). Puis refroidissez-les et écalez-les délicatement. J’en ai cassé, c’est très mou, il faut vraiment être délicat.
  • Farinez les oeufs, puis trempez-les dans l’omelette , puis dans la chapelure en les tournant de tous côtés
  • Faites les dorer 2 à 3 mn dans l’huile très chaude, en les roulant délicatement pour qu’ils soient craquants sur tous les côtés
  • Egouttez-les sur du papier absorbant, puis dressez-les sur un nid  de salade: mesclun, pousses d’épinards, roquette ou mieux: plantes sauvages (jeunes feuilles)  , assaisonnées à votre convenance et décorées de fleurs, pourquoi pas.

J’avoue que j’ai aimé le mariage du fondant et du croquant. Je reconnais que la présentation reste à améliorer (je n’avais pas tout ce que je voulais sous la main et comme nous étions un dimanche soir pluvieux, c’était difficile d’aller chercher les fleurs dont j’avais besoin.)

MES P’TITES SALADES PRINTANIERES: LE TILLEUL

Saviez vous que les jeunes feuilles de arbres se mangeaient?

Moi pas avant l’an passé! (il faut dire que je découvre tous les jours). C’est sur l’excellent site « Le chemin de la Nature », que j’ai découvert cela.

Voici une petite vidéo explicative: ici

C’est vrai qu’à bien y réfléchir on consomme déjà (ou tout du moins on connaît), des feuilles en tisane. Alors pourquoi pas en salade?

Je n’ai pas été particulièrement séduite par le goût de feuilles, j’avoue, mais, au printemps, pouvoir bénéficier des bienfaits d’une nature qui, malgré le confinement ou à cause de lui pousse à profusion, c’est quand même sympa (les mauvaises herbes poussent partout en ville sans personne pour s’en occuper, l’air y est plus sain, et , bien sur ici dans ma semi-campagne, j’ai le choix dans mon rayon d’1km.). Pouvoir cueillir en quelques minutes de quoi se faire une petite salade en accompagnement d’un plat (et pourquoi pas d’un plat de plantes sauvages), c’est magique.

D’autant que, je le répète, les plantes sauvages, qui n’ont pas fait l’objet de multiples manipulations humaines, contiennent bien plus de vitamines et minéraux que nos légumes cultivés. Il est donc judicieux de renforcer nos défenses immunitaires en les consommant. Les feuilles des arbres ont cela d’intéressant qu’on ne risque pas d’échinococcose avec les déjections de nos chats, chiens et autres renards. Il faut tout de même choisir un endroit peu pollué, et des feuilles toutes tendres, et bien brillantes encore.

 

 

 

 

 

 

Le tilleul, donc. Connu pour ses vertus calmantes, il en a bien d’autres:

UTILISATION INTERNE

  • Troubles nerveux : diminue les spasmes, les palpitations, les maux de tête, les tensions, les crises d’angoisse, l’anxiété, la fatigue.
  • Insomnie : favorise le sommeil et l’endormissement.
  • Troubles digestifs : diminue les spasmes et les troubles digestifs liés au stress.
  • Troubles ORL : traite le rhume, diminue les sécrétions nasales, recommandé pour faire baisser la fièvre.

UTILISATION EXTERNE

Dermatologie : indication apaisante dans le cas de démangeaisons cutanées, crevasses, gerçures.

Voilà donc une petite salade toute simple dans laquelle vous pourrez ajouter des feuilles de ce que vous trouverez: pour ma part j’ai mis de la lampsane que je trouve dans mon jardin, et des très jeunes feuille de chêne (un écureuil a apporté des glands dans mes plantations de fleurs et il repousse chaque année):

  • 1 poignée de jeunes feuilles de tilleul
  • feuilles et fleurs comestibles
  • vinaigrette , sel poivre

Prélevez les feuilles les plus tendres, rincez les bien pour enlever pollen et poussière (vérifiez qu’il n’y a pas de petits hôtes indésirables). Mélangez avec votre vinaigrette, c’est près!

 

CARRES DE PRINTEMPS AUX FLEURS SAUVAGES

Confinement jour 5

Encore une petite recette printanière (parce que c’est le printemps, même si nous sommes confinés), que j’ai la chance de pouvoir réaliser avec les fleurs de mon jardin.

Ce ne sont pas vraiment des fleurs sauvages, je reconnais (quoique mes primevères poussent toutes seules et se ressèment un peu partout dans le gazon), mais cette recette, vue dans le dernier magazine « Avantages », m’a tapé dans l’oeil par son originalité et le plaisir de yeux qu’elle m’inspire. Se faire plaisir en ces temps est plus important que jamais. Elle peut se réaliser avec les pensées sauvages, des violettes, des pâquerettes, ce que vous trouverez  de petit, plat, de joli et coloré.

C’est la première fois que je travaille les feuilles de riz et j’avoue que ce n’est pas facile. Ça colle ou ça se déchire, il ne faut pas être trop regardant sur l’aspect des carrés au début. Cette recette demande un peu de patience (coupage très fin des crudités, pliage des feuilles de riz), mais le résultat est vraiment sympa. et, en plus d’être bon, il est joli à l’oeil et moi ça me fait du bien au moral.

Ingrédients:

  • Carré frais type Gervais (j’ai pris des petits)
  • Feuilles de riz (une par carré)
  • Crudités:  carotte,  radis, concombre (il n’en faut pas beaucoup)
  • Fleurs (une ou deux par carré)
  • Assaisonnement: citron, vinaigre de riz, nuoc mam, menthe

Préparation:

  • Préparez un plat creux avec de l’eau chaude, suffisamment grand pour accueillir une feuille de riz
  • Coupez vos crudités en fines lamelles
  • Coupez les tiges des fleurs à ras de celles-ci.
  • Trempez une feuille de riz dans l’eau chaude 30 secondes (pas moins sinon ça ne se travaille pas, pas plus sinon ça se déchire)
  • Posez-la sur une surface plate
  • Disposez les crudités et les fleurs, face contre la feuille, au centre
  • Posez un carré de fromage par dessus
  • Repliez la feuille de riz pour envelopper le fromage comme vous pouvez, (personnellement j’ai un peu coupé la feuille autour des fromages car elles sont trop grandes, mais ça dépend de la taille des carrés que vous aurez pris)
  • Laissez un peu reposer au frais.
  • Faites une petite sauce acidulée avec du citron, du vinaigre de riz, de la menthe et du nuoc mam (mélangé un peu au pif pour moi). Il faut ce piquant pour compenser le côté doucereux du fromage et de la feuille de riz.
  • Bon appétit!

 

 

 

SALADE MELANGEE AUX FLEURS DE BOURRACHE

Jour 2 de confinement.

Que faire chez soi sinon un peu de cuisine, pour redécouvrir le plaisir des saveurs maison?

Si, comme moi, vous avez la chance d’avoir un jardin où vous pouvez aller piocher des plantes sauvages, (ou un gentil voisin chez lequel je suis allée chiper des fleurs de bourrache bleues- les miennes sont blanches), ou même la possibilité d’avoir des espaces sauvages autour de chez vous, alors rien n’est perdu!

Chercher des recettes, les faire, les écrire, c’est super comme occupation pour moi ! Bon, d’accord, il faut avoir les denrées nécessaires sous la main, mais j’ai laissé passer la folie dans les magasins depuis quelques jours, et j’espère pouvoir me ravitailler sans stress vendredi comme je le fais habituellement… Sinon, je commanderai, no souci!!

Bref, il fait beau, j’ai encore des trucs frais dans mon frigo, j’ai des envies de salades (non je ne mangerai pas que des pâtes!)

De plus, depuis que j’ai découvert le nombre impressionnant de fleurs qui se mangent j’ai tendance à en mettre partout, c’est tellement joli et appétissant!

La salade que je vous propose peut être modifiée en fonction de ce que vous avez dans le frigo, mais, comme les fleurs de bourrache ont un petit goût poivré/ iodé, elles se marient mieux avec poissons et crevettes. Je n’avais pas ces dernières mais il me restait du saumon (d’un restaurateur voisin qui déstocke pour ne pas tout perdre, faut se faire plaisir en aidant ceux qui en ont besoin) et voilà ce que ça donne.

Ingrédients:

  • 1 boule de mozzarella
  • 2 tomates
  • 1/2 concombre
  • saumon fumé ou crevettes (j’y ai aussi mis des surimis qui traînaient dans le frigo, même si je sais que ce n’est pas vraiment de la nourriture, mais ça faisait du volume et il fallait les manger)
  • Ciboulette (ou ciboulette sauvage pour moi)
  • Une poignée de fleurs de bourrache
  • Huile d’olive, jus de citron ou vinaigre (chez moi chacun met ce qu’il aime), sel, poivre
  • Facultatif: graines de courge ou de chia

 

Préparation:

  • Lavez les fleurs de bourrache
  • Coupez tout en petits morceaux, (les concombres en jolies lanières avec un économe ou une mandoline), mélanger, ajoutez votre vinaigrette, disposez vos fleurs par dessus c’est prêt!!
  • (Facile non? )

 

VELOUTE DE FLEURS ET FEUILLES DE CAPUCINES

Oui je sais, les capucines ne sont pas sauvages. Mais moi je les aime ces fleurs dans lesquelles on peut tout consommer et j’ai envie de vous faire partager mes recettes.

Je devrais renommer mon blog vous croyez? 😉  « jecuisinesauvageettouteslesfleurscomestibles »?

La capucine, donc, qu’on consomme habituellement en salade ou en buddha bowl comme ici, mais aussi en câpres dont voici la recette ici , pousse en automne et s’étale comme une reine chez moi quelle que soit la météo. Et chez vous?

Je croyais que la capucine était une fleur d’été mais pas chez moi. J’ai toujours des capucines grimpantes, et cette année j’ai tout simplement laissé les graines se replanter toutes seules au potager.

J’aime son goût fort et poivré et la couleur des fleurs qui illuminent les préparations. La capucine a aussi bien d’autres propriétés, dont (entre autres) antibiotiques , anti-inflammatoires et cicatrisantes!

Cette fois-ci c’est dans un petite fascicule acheté à l’Abbaye de Valloires dans la Somme que j’ai trouvé cette recette. Le restaurant de cette abbaye y cuisine les fleurs et herbes sauvages (que j’ai goûté bien sûr!) de façon extrêmement bien présenté (voir la photo), mais cette soupe se retrouve aussi sur Marmiton, ce que je découvre.

 

 

 

 

 

Je ne suis vraiment pas une fan de soupes, mais le temps pluvieux voire pourri (il faut le dire), de ces dernières semaines donne envie de recettes cocooning. Je sais bien qu’on a attendu la pluie tout l’été et que chez nous qui nous fournissons en eau dans la nappe phréatique, la reconstitution des réserves est impérative. Mais quand même! 😉

Ingrédients pour 4:

  • 100g de pommes de terre cuites
  • 1 l d’eau
  • 1 oignon rouge
  • 1 belle poignée de capucines (feuilles et fleurs) + quelques fleurs pour la déco
  • sel poivre
  • 1 noix de beurre
  • Crème fraîche épaisse selon vos goûts

Préparation:

  • Epluchez vos pommes de terres, lavez-les et coupez -les en morceaux
  • Hachez l’oignon
  • Lavez vos capucines et supprimez les fleurs et feuilles où il y des des pucerons (chez moi il n’y a plus rien, ils ne doivent pas aimer la pluie ou bien c’est trop tard dans la saison)
  • Faites fondre le beurre dans une casserole
  • Ajoutez l’oignon haché que vous faites blondir quelques minutes
  • Ajoutez les pommes de terre et les capucines entières
  • Recouvrez d’eau, salez et poivrez et laissez cuire à feu doux entre 30 et 40 mn
  • Mixez bien et ajoutez la crème fraîche
  • Servez en décorant vos assiettes de fleurs de capucine
  • La capucine cuite est beaucoup plus douce que crue, il vous faudra peut-être rectifier l’assaisonnement.

Avec du pain aux noix et un peu de fromage, ça sera un régal.