GELEE DE FLEURS DE PRIMEVERES ET SA SALADE D’AGRUMES

Voici encore une recette de l’excellent livre « Manger la ville » de Maurice Maggi. Car oui, en ville on peut aussi cueillir des plantes sauvages, de quoi se régaler.

Son livre regorge d’idées, et plusieurs recettes de tout début de printemps semblent me dire  » mange moi »! Je reviendrai durant les prochaines semaines avec d’autres recettes.

L’an dernier j’ai découvert le plaisir de manger des fleurs et de décorer mes plats avec leurs couleurs splendides. Je trouve qu’elles les rendent « joyeux », si l’on peut utiliser ce qualificatif pour un plat. Appétissant, c’est sûr.

Voici donc une recette simplissime qui fera son petit effet comme dessert auprès de vos invités (attention il faut commencer la préparation la veille)

 

 

 

 

 

Ingrédients pour 4:

  • 2 poignées de fleurs de primevère
  • 50 cl de vin blanc (pas trop sec)
  • 40 g de sucre
  • 1 gousse de vanille
  • un zeste de citron non traité
  • 2 feuilles de gélatine
  • 4 oranges et un pamplemousse

Préparation:

La veille:

  • Cueillez les fleurs de primevères (juste la fleur)
  • Réservez quelques fleurs pour le dressage et rincez le reste à l’eau vinaigrée 3 fois
  • Mettez les fleurs dans un récipient hermétique avec le vin et le sucre

Le lendemain :

  • Portez le mélange fleurs/vin/sucre à ébullition en y ajoutant la vanille coupée en deux et le zeste de citron.
  • Pendant ce temps faites tremper la gélatine pour la ramollir.
  • Mélangez la gélatine au reste hors du feu.
  • Versez dans des ramequins et faites prendre au moins 3 h au réfrigérateur.
  • Pelez les agrumes à vif et détaillez les en suprêmes.
  • Vous pouvez tenter de démouler la gélatine (je n’ai pas osé de peur que ça parte en cacahuète). Sinon, disposez vos agrumes autour ou à côté de votre ramequin, et décorez de fleurs.
  • Vous pouvez utiliser cette gelée légèrement acidulée avec les fraises à venir ou la rhubarbe

Bon appétit!

 

 

 

 

CAKE A L’AIL DES OURS, FETA ET LARDONS

Ça y est, le printemps est (presque) là et les plantes sortent de tous les côtés. Je sens que je ne vais plus savoir où donner de la tête!

Mais il va falloir que je fasse des choix parce que je ne pourrai pas tout cuisiner en même temps. Ou alors je cueille et je e sers de mon déshydrateur, ça pourrait être pas mal!

Cette année, je vais enfin pouvoir profiter des toutes jeunes feuilles de ce début de printemps. Il y a deux ans, j’ai commencé ce blog en mai et l’an dernier j’étais immobilisée par une opération à la hanche juste à ce moment là. J’avais réussi à tester des recettes en ne m’éloignant pas trop de chez moi. Je vais goûter (et vous faire goûter), des jeunes feuilles de hêtre, l’égopode, la consoude, la bardane, l’alliaire et plein d’autres encore! La diversité des plantes sauvages est merveilleuse.

Tout à l’heure, entre deux giboulées, calculé à la seconde près ( j’ai mis mes chaussures de marche sous les dernières gouttes, je les ai enlevées sous les premières, et il a fait soleil entre temps), je suis partie à la cueillette de l’ail des ours. Il y a des tapis entiers dans une petite forêt à dix minute de chez moi. Les scylles, ces délicates petites fleurs bleues, voisinaient avec l’ail, les violettes, le lierre terrestre qu’on devine, l’alliaire encore tout petit. Un régal pour les yeux et pas que…

Je rappelle les consignes de cueillette de l’ail des ours qui voisine avec le muguet, très toxique:

Attention donc à ne pas confondre la feuille d’ail et celle du muguet, toxique même à faible dose, ou celle de la colchique. En cas de doute, il suffit de froisser la feuille que l’on a en main et de sentir. Sauf qu’à force de cueillir ce sont nos mains qui sentent fort. Pour distinguer l’ail des autres plantes: les feuilles d’ail sont longues, avec un long pétiole, séparées, très nervurées. Les feuilles de muguet sont plus rondes, toujours par deux, la première est enroulée dans la deuxième, mates. Les feuilles de colchique sont également enroulées ensemble. Il est donc recommandé de cueillir les feuilles une à une et non pas en groupe pour éviter de se tromper. C’est plus fastidieux mais plus sûr et puis vous n’avez en règle générale pas besoin de tant de feuilles que cela.

 

 

 

 

 

Vous trouverez sur le site d’autres recettes, car l’ail des ours peut se décliner à l’infini. (pesto pour ne citer que le plus classique).Cette après midi, j’ai fait un cake. J’adore ça, c’est facile et complet, avec une salade, pour le soir. Vous pouvez y mettre à peu près tout ce que vous voulez. (en bonus, voici la recette d’un cake à l’ortie, tout doux et délicieux :

http://www.jecuisinesauvage.fr/2017/05/27/cake-aux-orties/

Ingrédients pour le cake à l’ail des ours:

  • 3 oeufs
  • 150 g de farine
  • 1 sachet de levure chimique
  • 10 cl d’huile de tournesol
  • 12 cl de lait
  • 100 g de comté ou parmesan ou pecorino
  • 50 g d’ail des ours (la recette originale en met 80 à 100g, ce que j’ai fait, mais même pour moi qui adore l’ail, c’est un peu fort!)
  • 50 g de fêta
  • 50 g de lardons
  • sel, poivre

Préparation:

  • Lavez vos feuilles d’ail dans 3 eaux vinaigrées
  • Ciselez-les ou hachez les.
  • Faites chauffer le lait
  • Mélangez les oeufs, la farine, la levure, l’huile, le lait, le sel, le poivre pour en faire une pâte homogène.
  • Faites revenir les lardons à la poêle.
  • Coupez la fêta en tout petits cubes
  • Râpez le fromage
  • Incorporez le fromage, les lardons, l’ail et la fêta dans la pâte et mélangez bien
  • Versez dans un moule à cake beurré.
  • Enfournez pour 40 mn environ à 180°

Dégustez à l’apéritif ou en plat avec une salade (de pissenlit par exemple!)

QUE FAIRE AVEC: LE PISSENLIT

Ça y est! Les plantes ont enfin décidé de pousser chez moi. Il neige un peu ce matin mais la pluie de ces derniers jours a activé la repousse printanière de toutes les plantes sauvages, y compris celles qui envahissent mon potager, mais bref passons…

J’ai enfin pu sortir dans mon jardin (oui, ma pelouse n’a plus de pelouse que le nom et j’y trouve largement de quoi faire mes salades de dernière minute), et cueillir le pissenlit nécessaire pour une salade .

Je rappelle que le pissenlit, ou dents de lion, est en fait le nom commun pour plusieurs espèces qui se ressemblent, et qui sont toutes comestibles. Certaines sont plus découpées que d’autres, les feuilles plus rondes ou au contraire plus pointues ce qui rend l’identification un peu ardue parfois, avant la floraison, au moment où les feuilles sont tendres et prêtes être dégustées.

En balade, si vous n’êtes pas sûrs, la feuille de pissenlit a toujours les dents vers le bas, et si vous coupez la feuille un latex blanc s’en échappe. Le meilleur moyen est de goûter car le goût est vraiment inimitable.

 

 

 

 

 

Le pissenlit, compagnon de route de notre enfance, est diurétique et dépuratif, n’hésitez donc pas à en consommer pour une cure détox.  Toutes les parties se mangent, quelle super plante!

On mange les feuilles crues en salade, les boutons floraux en câpres, les fleurs en vin et en confiture ou cramaillote, et les racines grillées (pour les racines c’est en hiver que ça se consomme, quand la sève redescend vers le bas). Comme les pousses sont plus ou moins avancées selon que vous êtes au sud ou au nord, je vous remets toutes les recettes, testées et approuvées ( tout est bon!)

http://www.jecuisinesauvage.fr/2018/04/12/vin-de-pissenlit/

http://www.jecuisinesauvage.fr/2018/04/08/capres-de-pissenlit/

http://www.jecuisinesauvage.fr/2018/01/14/salade-de-pissenlit-aux-lardons-et-oeufs-mollets/

http://www.jecuisinesauvage.fr/2017/05/26/gelee-de-pissenlit-cramaillotte-ou-bissangel-honig/

Bon appétit!

LA CARDAMINE HERISSEE: idées

La cardamine hérissée, c’est cette petite plante presque invisible si on y prend pas garde, qui pousse en petites touffes solitaires dans d’improbables endroits. Elle possède une technique de reproduction extraordinaire et absolument horrible pour tout jardinier qui tente de l’éradiquer de son jardin: en mars, après le mauvais temps et la pluie, quand on sort pour voir ce qui se passe, elle est déjà en fruits qui explosent au moindre contact et sèment leur graines à tout vent. Un cauchemar!

J’avais développé une technique d’enveloppement doux pour arriver à la saisir, non pas par le bas mais par le haut, prenant en main le maximum de graines, mais ça ne fonctionnait pas toujours loin de là!

Et puis, j’ai commencé à m’intéresser aux plantes sauvages et j’ai découvert cette petite plante, avec ses petites feuilles rondes et aromatisées. Depuis, elle n’est plus mon ennemie (même si je continue à l’enlever de temps en temps pour ne pas qu’elle colonise tout ce qui reste de ma pelouse). au contraire, sa pousse et sa floraison précoces en font une amie car c’est la première qui vient dans mon jardin.

Son goût, proche du cresson et un peu piquant, en fait une alliée précieuse en cuisine. Pour conserver ses propriétés, il vaut mieux la consommer crue.  Elle regorge de vitamine A et C, est expectorante, stomachique, digestive, et sert pour les problèmes de peau et d’arthrose etc…

Je l’avais déjà mélangée à des petites salades du jardin :

 

http://www.jecuisinesauvage.fr/2017/11/19/salade-melangee-dhiver/

Voici d’autres idées:

Sauce pour cruditées: 

Pour tremper ses crudités servies en apéritif, mélanger du yaourt, du sel et un bouquet de cardamine (tout se mange, feuilles, tiges et fleurs), hachées. Ca change de la mayonnaise, et moi je suis fan des légumes à l’apéro ( mais non je ne me sens pas du tout coupable de manger des cacahuètes!)

Sauce « verte », pour asperges ou viandes froides:

Battre dans un bol un jaune d’oeuf avec 1 càc de moutarde, sel, poivre. Incorporer de l’huile d’olive peu à peu, ajouter du jus de citron et les feuilles de 3 belles cardamines que vous avez ciselées finement. Broyer le tout si possible au mortier-pilon.

En pesto (on fait du pesto à tout, je crois … ):

100 g de cardamine, 10 cl d’huile d’olive, 50 g de pignon de pin, 2 gousses d’ail, du parmesan, sel, poivre, tout mixer!

GAUFRES SALEES AUX PLANTES SAUVAGES

365 jours par an, x deux repas, x 10, 20, 30 années… ça fait quelques milliers d’idées de repas à concocter. Ne nous leurrons pas, nous cuisinons toujours la même chose. Mais moi j’aime bien goûter, découvrir, innover. C’est en partie ce qui m’a conduite à m’intéresser aux plantes sauvages. En partie seulement, car je souhaitais aussi me rapprocher de cette nature perdue un peu de vue ces dernières années.

Donc, comment innover un peu?

Et si nous mangions de gaufres salées? L’idée m’est venue après une discussion avec mes fils sur l’intérêt d’avoir deux gaufriers (achetés pour rien dans des brocantes). Je soutenais que ça allait plus vite, mon fils me rétorquait que ça faisait deux fois plus d’ustensiles à laver. Du coup, cette idée de gaufres m’a trotté dans la tête et j’ai cherché une recette aux plantes sauvages. Je n’ai rien trouvé, j’ai donc détourné une recette de gaufres aux épinards.

Je me suis rendue compte qu’il y avait de nombreuses recettes de pâte à gaufre. Je vous livre celle que j’ai testée mais si vous avez l’habitude d’en faire des sucrées, et que ça vous convient, ne changez pas.

J’ai mis de la bourrache, parce que c’est tout ce que j’avais sous la main. Cependant vous pouvez cuisiner l’ortie, la consoude, le plantain, l’ail des ours etc… voire mélanger plusieurs plantes sauvages. Je conseille d’ajouter du comté râpé (j’avais hésité , j’avais peur que ça colle, je ne sais pas pourquoi!), mais j’ai trouvé mes gaufres un peu fades. La prochaine fois je mets le fromage!

J’ai aussi vu des recettes avec du jambon fumé ou blanc, du chèvre, bref, comme toujours, la seule limite de la cuisine est celle de votre imagination.

Ces gaufres se mangent telles que, avec une salade (de plantes sauvages au printemps)ou coupées en petits bouts pour un apéritif, ou en accompagnement de jambon ou d’une viande si vous n’en avez pas mis dedans.

Je les avais faites un peu en avance, et nous avons fait différents tests de réchauffage car elles deviennent vite molles. J’ai bien aimé le grille pain, rapide et facile. Le four est plus long et dessèche un peu. Le micro-onde chauffe mais ramollit, bien sûr (cependant, c’est une solution quand, comme mon fils morfale, vous y ajoutez du fromage à raclette, voire une couche supplémentaire de gaufre avec du jambon 😉

 

 

 

 

 

Ingrédients (environ 8 gaufres):

  • Une grosse poignée de plantes sauvages (environ 100 g)
  • 250 g de farine ou remplacer une partie de la farine par de la fécule (ça donne du croustillant. J’ai mis 200 g de farine et 50 g de fécule)
  • 2 œufs
  • 25 cl de lait
  • 50 g de beurre
  • sel, poivre
  • facultatif (mais meilleur):
  • 75 g de comté
  • 50 g de jambon haché

Préparation:

  • Lavez vos plantes sauvages avec trois eaux vinaigrées
  • Faites-les suer quelques minutes à la poêle avec un peu d’huile
  • Hachez-les plus ou moins grossièrement selon votre envie
  • (Coupez le comté en petits dés et hachez le jambon si vous en mettez)
  • Séparez les jaunes des blancs et montez les blancs en neige
  • Faites fondre le beurre
  • Mélangez la farine et la fécule
  • Ajoutez le lait, puis les jaunes d’œufs, le beurre fondu, sel, poivre, plantes sauvages, (éventuellement comté, jambon).
  • Ajoutez les blancs montés en neige à cette pâte
  • Faites cuire quelques minutes au gaufrier

C’est prêt!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PATE DE FRUITS AUX NEFLES

Depuis hier le soleil a percé les nuages et le beau temps s’est imposé. Ça ne fait pas de mal, j’ai l’impression d’hiberner depuis deux mois, entre le froid, un peu de neige et ce temps gris et bas que nous avons en Alsace en hiver, j’attends le printemps avec impatience. Donc,  j’en ai profité pour marcher un peu. J’avais une course à faire et du coup je suis partie à pied et j’ai fait des détours pour profiter du soleil et regarder ce qui pousse. Malheureusement, il n’y a pas encore grand chose.

J’ai eu beau coller mon nez à ras des plantes notamment dans mon jardin qui est un bon indicateur, il n’y a pas : c’est gelé!

Alors je suis allée voir le néflier que j’avais repéré dans un jardin cet automne. Il était recouvert de nèfles blettes, même un peu trop pour certaines. Mais ce n’est pas grave. Comme les cynorhodons, ce sont blettes qu’elles se dégustent.  Elles font donc partie des trésors de l’hiver, même si on est pas obligé d’attendre janvier pour les avoir mûres.

J’ai hélé le voisin qui passait par là et nous avons sonné chez le propriétaire qui m’a gentiment permis de cueillir les fruits dont j’avais besoin (avec la promesse de lui faire goûter ma recette). Me voilà de retour avec mes blettes.

J’avoue que je n’en n’avais jamais goûté (comme à peu près tout ce que je cuisine depuis que j’ai commencé ce blog, ce qui n’est pas pour me déplaire, j’adore goûter des nouvelles saveurs). J’ai été séduite par leur goût vineux. C’est un peu étrange et fort mais pas mauvais. Il faut encore attendre plusieurs jours que les pâtes de fruits soient sèches pour vraiment savoir quel goût ça a. J’ai vu qu’on pouvait mélanger les nèfles avec des pommes pour adoucir le goût, ou enrober les pâtes de chocolat (miam!) . Je testerai.

 

 

 

 

 

Ingrédients:

  • nèfles blettes
  • sucre + sucre cristallisé
  • eau
  • agar agar (4g/litre)
  • jus de citron

Préparation:

  • Préparer les fruits : laver les nèfles. Les déposer entières dans une casserole, ajouter 1/3 du volume en eau. Cuire +/- 20 minutes. Lorsqu’elles se défont, les verser dans une passoire fine et presser fortement à l’aide d’une spatule pour en extraire la pulpe. Si besoin, ajouter un peu d’eau pour faciliter l’opération. Peser la pulpe recueillie, verser dans une casserole, ajouter le sucre, quelques gouttes de jus de citron et l’agar-agar.
  • Préparation de la pâte : bien mélanger et cuire à feu doux sans cesser de remuer jusqu’à ce que la pâte se détache bien du fond.
  • Réaliser les formes : tapisser le fond d’un moule de papier sulfurisé, verser la préparation dessus, égaliser la surface à la spatule. Laisser refroidir une dizaine de jours à température ambiante (oui ce sont bien des jours, pour que ça sèche, sinon ça colle). Découper la pâte de fruit en carré.
  • Rouler les carrés dans le sucre cristallisé ou du chocolat fondu.