MOUSSE DE FLEURS D’ACACIA

Les années se suivent et ne se ressemblent pas: l’an dernier en Alsace, à la même époque, tout était déjà sec après 6 semaines d’affilée sans pluie. Cette année il pleut, il pleut bergère!! et il fait plutôt froid. Cette pluie désagréable a toutefois un avantage: la végétation en ce printemps tardif est splendide. Les plantes poussent à profusion et les fleurs aussi.  L’an dernier était exceptionnelle pour les fruits, cette année l’est pour les fleurs.

Et ça tombe bien, au mois de mai poussent trois de mes fleurs préférées. Blanches toutes les trois, elles ont un parfum et un goût extraordinaires. L’aspérule (et son vin de mai), le sureau (voir mes recettes dans ce blog) et l’acacia forment ce trio enivrant.

En réalité, l’arbre couramment appelé acacia chez nous est du robinier faux acacia.

Les arbres croulent sous les grappes de fleurs d’acacia, il n’y a qu’à tendre le bras pour récolter en peu de temps de quoi faire de bonnes recettes. On ne présente plus les beignets de fleurs d’acacia, aussi ce n’est pas cette recette que je vous propose aujourd’hui mais une mousse toute simple et délicieusement parfumée.

Petit conseil pour la cueillette: c’est le pollen qui donne son parfum à l’acacia, aussi ne faut-il pas laver les fleurs (et du coup, après la pluie il est moins parfumé) et attendre qu’elles soient bien ouvertes.

Ingrédients:

  • 20 cl de lait
  • 20 cl de crème
  • 2 jaunes d’oeufs
  • 80 g de sucre de canne
  • 3 feuilles de gélatine
  • 1 poignée de fleurs d’acacia

Préparation:

  • Secouez les grappes de fleurs pour en faire tomber les hôtes indésirables
  • Effleurez les grappes de fleurs
  • Faites chauffer le lait puis ôtez le du feu et mettez-y les fleurs d’acacia. Faites infuser au moins 1/2 heure ou plus si vous avez le temps (j’ai laissé la nuit entière)
  • Filtrez le lait puis réchauffez le
  • dans un saladier mélangez les jaunes d’œufs et le sucre, puis mélangez le lait tiède petit à petit.
  • Remettez sur le feu à feu doux et laissez épaissir tout en remuant.
  • Pendant ce temps mettez les feuilles de gélatine dans un bol  d’eau froide. Lorsqu’elles sont molles mélangez les à la préparation finale, mélangez bien, et laissez refroidir le tout
  • Montez la crème en chantilly et mélangez au lait bien refroidi.
  • Le goût de cette mousse sera à la hauteur de l’odeur de votre récolte: si il a plu et que les fleurs ne sentent pas grand chose au nez, son goût sera discret. Patientez donc quelques jours secs avant de cueillir votre récolte

Dégustez la mousse seule ou en accompagnement de fraises par exemple.

CLAFOUTIS AUX CERISES ET LIERRE TERRESTRE

L’an dernier, la production de fruits a été exceptionnelle.

Il y a, à côté de chez moi, des cerisiers qui poussent sur les bans de la commune et qui n’appartiennent apparemment à personne. Depuis le temps que je passe à côté d’eux et que j’y vois des gens du village cueillir des cerises, je me suis dit que moi aussi, pour une fois. L’an dernier, mon fils a donc grimpé dans l’arbre et cueilli de quoi nous faire plaisir en quelques minutes.

J’ai congelé une partie de la cueillette, et je vide mon congélateur en ce moment en prévision des beaux jours. Le clafoutis n’est pas vraiment un dessert de saison mais bon, la recette est à garder pour plus tard (ou à tester avec des fruits en bocaux ou congelés si vous êtes impatients)

Je me demandais quelles plantes sauvages utiliser avec mes cerises. Je suis tombée sur une recette de clafoutis aux cerises et à la menthe. Comme à chaque fois, je remplace la menthe par le lierre terrestre. L’association est étonnante et délicieuse (enfin moi j’aime, c’est l’essentiel). Il ne faut pas mettre trop de lierre terrestre pour que son goût reste discret.

Vous remarquerez que le résultat sur la photo n’est pas terrible, c’était un peu mou. Je n’ai peut-être pas respecté toutes les proportions, mais ça ne fait rien c’était délicieux!

 

 

 

 

Ingrédients:

  • 600 g de cerises
  • 1 poignée de lierre terrestre
  • 4 œufs
  • 40 g de beurre
  • 20 cl de lait
  • 60 g de sucre en poudre
  • 100 g de farine
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 1 pincée de sel

Préparation:

  • Préchauffez le four à 180°
  • Lavez le lierre terrestre dans 3 eaux vinaigrées et coupez grossièrement les tiges et les racines les plus épaisses
  • Faites chauffer le lait. Retirez le lait du feu, ajoutez le lierre terrestre puis laissez infuser une dizaine de minutes, puis retirez le lierre du lait.
  • Lavez et égouttez vos cerises. Dénoyautez-les si vous le souhaitez.
  • Faites fondre le beurre.
  • Dans un saladier mélangez la farine, le sel, le sucre et le sucre vanillé. Incorporez petit à petit les œufs puis le lait (sans le lierre) tout en mélangeant bien. Ajoutez le beurre fondu en continuant à mélanger.
  • Beurrez un plat allant au four
  • Disposez y les cerises puis versez la préparation par dessus.
  • Enfournez environ 30 à 40 mn. Surveillez la cuisson à partir du moment où le dessus prend une couleur dorée

 

 

SOUPE DE RHUBARBE ET FRAISES AU LIERRE TERRESTRE

Après les gelées de la semaine passée, le printemps prend des allures d’été. Nous sommes bien en Alsace, région où il n’y a que deux saisons la plupart du temps! Mais du coup, les choucroutes et baeckehoffe laissent la place a des plats plus légers et plus frais. J’ai même sorti mon barbecue, ce qui est exceptionnel pour un vendredi saint traditionnellement pourri.

La saison des fraises commence avec de bonnes fraises gariguettes pleines de saveur, même si les miennes ne sont encore qu’en fleurs. On trouve de la rhubarbe aussi sur les étals, et dans la forêt (et dans mon jardin), du lierre terrestre en fleur.

Ceux qui me suivent savent que le lierre terrestre fait partie de mes plantes préférées. (A ne pas confondre avec le lierre commun, toxique, attention). Sa délicieuse odeur de menthe en fait le compagnon de plat aussi bien salés que sucrés.

Aujourd’hui j’ai eu envie de l’associer avec la fraise et la rhubarbe dans un dessert frais qui va bien avec les températures estivales.  de ce week-end pascal.

 

 

 

 

Ingrédients:

  • 500 g de fraises
  • 500 g de rhubarbe
  • 1 poignée de lierre terrestre (avec ou sans fleurs, mais avec c’est plus joli)
  • 150 g de sucre
  • 1 càs de grenadine
  • 1 gousse de vanille
  • le jus d’un citron

Préparation:

  • Versez de l’eau dans une casserole et faites la bouillir. Retirez les feuilles des tiges de rhubarbe. Ne conservez que les tiges, épluchez les en retirant leurs fils puis coupez-les en morceaux de 2 cm de long.
  • Mettez les tronçons de rhubarbe dans une casserole, arrosez-les avec l’eau bouillante afin d’en supprimer l’amertume et égouttez-les.
  • Ajoutez maintenant la moitié du sucre, le jus de citron, la gousse de vanille coupée en deux dans le sens de la longueur, mouillez juste à hauteur ; faites chauffer à feu doux et laissez cuire jusqu’à ce que la rhubarbe soit tendre, sans toutefois se défaire (environ 10/15 mn, à surveiller)
  • Retirez la rhubarbe de la cuisson et égouttez-la. Ajoutez le sirop de grenadine au jus de cuisson et faites réduire de moitié, puis laissez refroidir.
  • Essuyez et équeutez les fraises.
  • Disposez la rhubarbe dans une verrine à mi hauteur, complétez avec des fraises coupées, ajoutez le sirop et décorez avec des feuilles de lierre terrestre.
  • Servez très frais

 

RISOTTO A L’AIL DES OURS ET AUX ASPERGES VERTES

Partir à la cueillette des plantes sauvages, c’est un peu partir à l’aventure. La nature ne se livre pas comme cela et ne se présente pas comme dans un grand supermarché.  Sauf à connaître parfaitement bien son environnement et ce qui s’y trouve (et encore ça peut change d’une année sur l’autre), une balade à la recherche de plantes sauvages s’apparente à  » je cueille ce que je trouve »… Je vous explique: cette année j’avais envie d’essayer de manger les jeunes feuilles des arbres. Pour une fois je suis disponible en temps et en heure pour aller en cueillir et les cuisiner.

Je suis donc partie à la recherche de feuilles de hêtre dans une forêt non loin de chez moi.

C’est un endroit que je fréquente depuis de longues années mais, avant de m’intéresser aux plantes sauvages, je n’y avais pas prêté attention. Je sais y trouver de l’ail des ours à profusion parce que j’y allais pour chercher du muguet et je pestais contre l’ail… (alors que maintenant je vais pester contre le muguet toxique, comme quoi…). L’an dernier j’avais repéré aussi d’autres plantes comme la berce mais pour les arbres….

Bref, il y avait des tas de petites feuilles qui ressemblaient à celles du hêtre mais ce n’était que du charme. J’y retournerai d’ici une quinzaine de jours pour vérifier que certains arbres ne sont pas mon hêtre recherché… En attendant j’en ai profité pour faire provision d’ail des ours. J’ai passé la journée à le déshydrater, ça sentait dans toute la maison!!

Aucune description de photo disponible.

J’avais ouvert les fenêtre et comme il ne fait ni très beau ni très chaud j’ai du refaire du feu …

J’avais prévu un risotto et à part les feuilles de hêtre, j’avais tout ce qu’il fallait pour le faire. J’ai donc testé une autre recette avec une poignée de l’ail des ours récolté.

Je suis fan de risotto depuis que je  l’ai découvert, et encore plus depuis que j’ai appris à le faire. C’est un plat un peu long si comme moi on respecte la « procédure » (ajouter du bouillon au fur et à mesure que le riz l’absorbe, donc une heure devant la poêle), mais c’est un plat génial dans lequel on peut ajouter ce que l’on veut au riz: légumes pour un risotto végétarien, viande, poisson ou crustacés.

J’avais déjà fait un risotto au plantain que je vous conseille pour son goût de champignon :

http://www.jecuisinesauvage.fr/2017/06/30/risotto-au-plantain/

Voici la recette du risotto à l’ail des ours et aux asperges dont c’est la saison (avec des asperges sauvages pour qui a la chance d’en trouver)

Ingrédients:

  • 300 g de riz arborio
  • 1 verre de vin blanc sec
  • 1 oignon
  • 1 l de bouillon de volaille
  • 1 bouquet d’ail des ours
  • 1 botte d’asperges vertes
  • 10 cl de crème
  • parmesan à volonté
  • sel, poivre
  • huile olive

Préparation:

  • Lavez l’ail avec 3 eaux vinaigrées
  • Ciselez l’ail et faites le revenir quelques minutes dans l’huile d’olive, réservez
  • Coupez les asperges en tronçons, faites les revenir  quelques minutes dans l’huile, réservez
  • Hachez l’oignon, faites le revenir jusqu’à ce qu’il soit transparent, ajoutez le riz et faites le revenir jusqu’à ce qu’il soit transparent aussi
  • Ajoutez petit à petit le verre de vin blanc et le bouillon en remuant pour que ça n’attache pas, jusqu’à ce que le riz ait tout absorbé. Le riz doit être moelleux (au besoin ajoutez encore du bouillon). Salez, poivrez.
  • Lorsque le riz est bon, ajoutez la crème et mélangez. Rectifiez l’assaisonnement.
  • Puis ajoutez l’ail et les asperges. Saupoudrez de parmesan (ou comme moi râpez le en copeaux et moi j’en mets plein!)

PATé DE FOIE DE LAPIN A L’AIL DES OURS

Voici une recette qui me vient de ma mère et que j’ai un peu arrangé pour remplacer l’ail par l’ail des ours.

Je garde un souvenir attendri de ce pâté, que ma mère confectionnait pour le dimanche soir, avec le foie du lapin mangé à midi. Réel ou pas ce souvenir, fréquent ou pas le lapin,  je ne sais pas. En tout cas j’adorais  et j’adore toujours.  J’ai repris le flambeau depuis longtemps pour faire comme elle. On mangeait des tartines le dimanche soir, et ce petit pâté maison nous ravissait les papilles.

 

 

 

 

Ingrédients (à multiplier et /ou à remplacer par du foie de volaille):

  • 1 foie de lapin
  • 1 grosse noix de beurre
  • qq brins de persil
  • une poignée d’ail des ours
  • sel, poivre

(je sais, ce n’est pas très précis mais c’est un peu au jugé)

Préparation:

  • Faites cuire le foie dans de l’eau bouillante salée
  • Coupez la noix de beurre en petits morceaux
  • Pendant ce temps hachez l’ail et  le persil
  • Ecrasez le foie encore chaud sur une planche avec une fourchette,  et y incorporer le beurre qui fond. Mélangez jusqu’à obtenir une pâte lisse et onctueuse. (Vous pouvez hacher le foie cuit si vous préférez)
  • Ajoutez l’ail et le persil, et le sel poivre à votre goût.
  • Mettez cette pâte dans un petit récipient ou une petite assiette en la façonnant pour que ça ait l’air de quelque chose.
  • Mettez au réfrigérateur

Dégustez sur un bon pain paysan

AIDES CULINAIRES AUX PLANTES SAUVAGES (beurre, sel, huile, vinaigre, bouillon cube)

Alors que les jeunes poussent commencent à sortir de terre et à nous donner leurs délicates feuilles ou fleurs à déguster, il est déjà temps de penser à les conserver, et à garder leurs bénéfices dans des préparations que vous pourrez utiliser jusqu’au printemps prochain si vous en préparez assez.

Au delà des vertus thérapeutiques des différentes plantes utilisées, il est bien agréable et bien plus sain de savoir que ce que nous utilisons pour cuisiner ne contient pas correcteurs d’acidité, exhausteurs de goût et autres colorants.

Il est très facile de remplacer les herbes aromatiques pour des plantes sauvages (ou de les mélanger), car certaines plantes ont un goût très prononcé.

Bien sûr je cite l’ail des ours qu’on ne présente plus, l’alliaire au goût d’ail moins fort, mais aussi le serpolet au goût de thym, la livèche au goût de céleri, la piquante cardamine hérissée au goût de cresson, le lierre terrestre qui se rapproche de la menthe, le plantain qui sent le champignon,  l’oseille, la pimprenelle, la ciboulette sauvage, l’achillée… Vous pouvez y adjoindre celles que vous voulez pour bénéficier de leurs bienfaits même si elles ont moins de goût, ortie par exemple.

Sel aux herbes sauvages : je vous ai déjà donné l’an dernier la recette du sel

 

 

 

 

 

 

 

http://www.jecuisinesauvage.fr/2017/10/08/sel-aux-plantes-sauvages/

Beurre aux herbes sauvages:  

 

 

 

 

 

 

 

http://www.jecuisinesauvage.fr/2018/02/25/beurre-maison-aux-herbes-sauvages/

Huile et vinaigre aux herbes sauvages: 

Huile aux herbes:

  • Une poignée d’ail des ours, de serpolet ou d’origan sauvage (ou autre à votre goût)
  • 1 l d’huile d’olive
  • Mettez les plantes dans une bouteille et couvrir d’huile
  • Pour conserver cette huile plusieurs mois, faites chauffer la préparation au bain marie à 45 ° pendant 1 h.
  • Fermez hermétiquement et ranger à l’abri de la lumière dans un endroit frais et sec.

 

Vinaigre aux plantes sauvages:

  • 15 à 20 g de fleurs ou feuilles (violette, lierre terrestre, ail des ours, tiges de berce, …)
  • 1 l de vinaigre de cidre ou de vin
  • Placez les plantes dans un bocal d’un litre
  • Couvrez avec le vinaigre
  • Laissez macérer au soleil 8 à 10 jours
  • Filtrez et mettez en bouteille
  • Conservez au frais

Pour aller plus vite: Versez le vinaigre chauffé à 40° sur les plantes, et faites macérer une semaine avant de filtrer.

Bouillon cube aux herbes sauvages:

Les bouillons cube industriels sont plein de cochonneries (sucre, huile de palme, colorant, sel). Ceux qui sont bio coûtent une fortune, et pourtant ils sont bien utiles ces compléments culinaires pour donner du goût à nos préparations. Vous pouvez très bien en réaliser vous-même des très aromatiques et naturels. Il suffit de les congeler puis de les mettre en sachet pour n’avoir qu’à les ressortir le moment venu!

Les préparations que vous achetez contiennent la plupart du temps du céleri, de l’ail, de l’oignon, du persil, du thym, et parfois plus…

Pour retrouver un goût suffisamment fort, j’ai mis ce que j’ai trouvé pour l’instant: ail, serpolet, et cardamine. Mais cela peut évoluer dans le temps, au fur et à mesure de la pousse dans plantes.

Ingrédients:

  • 2 grosses poignées de plantes (attention l’ail des ours est fort)
  • 1 l d’eau
  • 2 càs d’huile d’olive
  • 1 càs de vinaigre blanc
  • sel, poivre

Préparation:

  • Faites bouillir l’eau
  • Plongez y tous les ingrédients, salez, poivrez
  • Laissez infuser 1h30
  • Filtrez et versez dans les bacs à glaçon (en prévoir assez ou faire plusieurs tournées)
  • Si comme moi vous n’avez pas la place de stocker dans les bacs, sortir les cubes congelés et les placer dans des sachets (attention à ne pas les faire décongeler sinon ils collent entre eux)