GAUFRES SALEES AUX PLANTES SAUVAGES

365 jours par an, x deux repas, x 10, 20, 30 années… ça fait quelques milliers d’idées de repas à concocter. Ne nous leurrons pas, nous cuisinons toujours la même chose. Mais moi j’aime bien goûter, découvrir, innover. C’est en partie ce qui m’a conduite à m’intéresser aux plantes sauvages. En partie seulement, car je souhaitais aussi me rapprocher de cette nature perdue un peu de vue ces dernières années.

Donc, comment innover un peu?

Et si nous mangions de gaufres salées? L’idée m’est venue après une discussion avec mes fils sur l’intérêt d’avoir deux gaufriers (achetés pour rien dans des brocantes). Je soutenais que ça allait plus vite, mon fils me rétorquait que ça faisait deux fois plus d’ustensiles à laver. Du coup, cette idée de gaufres m’a trotté dans la tête et j’ai cherché une recette aux plantes sauvages. Je n’ai rien trouvé, j’ai donc détourné une recette de gaufres aux épinards.

Je me suis rendue compte qu’il y avait de nombreuses recettes de pâte à gaufre. Je vous livre celle que j’ai testée mais si vous avez l’habitude d’en faire des sucrées, et que ça vous convient, ne changez pas.

J’ai mis de la bourrache, parce que c’est tout ce que j’avais sous la main. Cependant vous pouvez cuisiner l’ortie, la consoude, le plantain, l’ail des ours etc… voire mélanger plusieurs plantes sauvages. Je conseille d’ajouter du comté râpé (j’avais hésité , j’avais peur que ça colle, je ne sais pas pourquoi!), mais j’ai trouvé mes gaufres un peu fades. La prochaine fois je mets le fromage!

J’ai aussi vu des recettes avec du jambon fumé ou blanc, du chèvre, bref, comme toujours, la seule limite de la cuisine est celle de votre imagination.

Ces gaufres se mangent telles que, avec une salade (de plantes sauvages au printemps)ou coupées en petits bouts pour un apéritif, ou en accompagnement de jambon ou d’une viande si vous n’en avez pas mis dedans.

Je les avais faites un peu en avance, et nous avons fait différents tests de réchauffage car elles deviennent vite molles. J’ai bien aimé le grille pain, rapide et facile. Le four est plus long et dessèche un peu. Le micro-onde chauffe mais ramollit, bien sûr (cependant, c’est une solution quand, comme mon fils morfale, vous y ajoutez du fromage à raclette, voire une couche supplémentaire de gaufre avec du jambon 😉

 

 

 

 

 

Ingrédients (environ 8 gaufres):

  • Une grosse poignée de plantes sauvages (environ 100 g)
  • 250 g de farine ou remplacer une partie de la farine par de la fécule (ça donne du croustillant. J’ai mis 200 g de farine et 50 g de fécule)
  • 2 œufs
  • 25 cl de lait
  • 50 g de beurre
  • sel, poivre
  • facultatif (mais meilleur):
  • 75 g de comté
  • 50 g de jambon haché

Préparation:

  • Lavez vos plantes sauvages avec trois eaux vinaigrées
  • Faites-les suer quelques minutes à la poêle avec un peu d’huile
  • Hachez-les plus ou moins grossièrement selon votre envie
  • (Coupez le comté en petits dés et hachez le jambon si vous en mettez)
  • Séparez les jaunes des blancs et montez les blancs en neige
  • Faites fondre le beurre
  • Mélangez la farine et la fécule
  • Ajoutez le lait, puis les jaunes d’œufs, le beurre fondu, sel, poivre, plantes sauvages, (éventuellement comté, jambon).
  • Ajoutez les blancs montés en neige à cette pâte
  • Faites cuire quelques minutes au gaufrier

C’est prêt!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VIN DE NOIX

« Avant la saint Jean », m’avait dit un paysan l’été dernier, qui m’avait aidée à retirer des racines de chicorée du sol un peu durci par la chaleur, à propos du vin de noix. J’ai donc soigneusement noté sur mon agenda la date, et j’ai cueilli ce matin ma trentaine de noix vertes. Ce sont les noix non encore formées qui sont utilisées, lorsqu’elles se coupent au couteau et sont tendres à l’intérieur.

J’ai de la chance, les arbres ploient sous les fruits cette année, malgré les gels tardifs et les orages de grêle qui n’ont pas affecté leur fructification. J’ai déjà ramassé deux kilos de cerises en 20 mn il y a 10 jours, et les pommiers semblent eux aussi prometteurs.

Au hasard de mes promenades, j’ai trouvé un noyer à deux pas de chez moi, avec des branches jusque par terre. Je n’ai eu qu’à tendre le bras et même à me baisser (!) pour cueillir mes noix.

Je n’ai pas encore goûté de vin de noix mais, si c’est aussi délicieux que le vin de fleurs de pissenlit, (et d’après les commentaires des internautes, cela m’a l’air d’être le cas), je m’y mets tout de suite!

Le « vin de noix » ne fermente pas. Il s’agit d’un apéritif à base de vin dans lequel macèrent les noix vertes. Il a autrefois fait partie des vins médicinaux, réputé tonique, digestif et dépuratif. Il se déguste aux fêtes de Noël, voire plus tard car il se bonifie en vieillissant. J’ai hâte!

Précaution:

Ne faites pas comme moi : Mettez des gants. Le brou de noix, on  le sait tâche fortement. C’est déjà vrai alors que les noix sont vertes, même si la couleur est moins sombre, et ça ne part pas pour l’instant, même à l’eau de javel et au citron. Ce n’est pas grave, ça finira par partir mais ce n’est pas très esthétique et il est important de le savoir.

Si vous n’en n’avez pas, procurez vous un récipient suffisamment grand et qui se ferme. Pour ma part, j’ai trouvé pour presque rien sur une brocante une très jolie  bonbonne de 15 l.

Ingredients:

  • 24 grosses noix vertes
  • 4 l de vin rouge à 13 ou 14 °
  • 1 l d’eau de vie de fruits à 40 ° ( ou armagnac, ou rhum , voire même vodka)
  • 1/2 bâton de cannelle
  • 4 clous de girofle
  • 2 gousses de vanille (facultatif)
  • 850 g de sucre

Préparation:

  • Couper vos noix en 4 ou 6 selon la taille du goulot de votre récipient et mettez les dans votre récipient. (Le goulot de ma bonbonne était assez fin, j’ai coupé les noix en deux puis encore une fois en trois dans le sens de la longueur)
  • Ajoutez tous les autres ingrédients
  • Fermez. Agitez pour mélanger le tout.
  • Placez dans un endroit frais et sombre.
  • Agitez ou remuez tous les deux jours pendant 3 mois.
  • Filtrez et mettez en bouteilles.

Servez frais à partir du mois de novembre suivant.

 

 

 

BRICKS AU CHEVRE MIEL ET LIERRE TERRESTRE

Je vous l’ai dit, le lierre terrestre fait partie de mes plantes préférées. J’aime son goût fort et poivré, proche de la menthe que j’affectionne. Envahissant, il a la gentillesse de pousser dans mon jardin et il me suffit de faire quelques pas pour le cueillir, quasiment toute l’année.

Pour le savourer, je détourne avec bonheur des recettes prévues initialement avec de la menthe. C’est toujours un régal.

Je vous invite à aller regarder ce que je vous ai déjà proposé: des tartines au chèvre et lierre terrestre, de la soupe glacée de pêche au lierre terrestre ou du cocktail au lierre terrestre en suivant ces liens:

TARTINES DE CHÈVRE AU LIERRE TERRESTRE

http://www.jecuisinesauvage.fr/2017/06/25/soupe-glacee-de-peches-au-lierre-terrestre/

COCKTAIL AU LIERRE TERRESTRE

Tout est délicieux!!

Cette fois-ci, j’ai hésité entre des bricks de chèvre à l’ail des ours et ceux-ci, que je vous propose. Mon fils a voulu tester les bricks au lierre terrestre. Vendu!

Ces bricks peuvent se servir en apéritif ou en plat principal avec une salade.

Ingrédients:

Pour 16 pièces il vous faut:

  • 8 feuilles de brick
  • 400 g de chèvre frais (petit billy par ex)
  • une grosse poignée de lierre terrestre
  • 40 g de pignons de pin
  • 4 càc de miel (montagne pour moi, je préfère)
  • 30 g de beurre
  • sel, poivre

Préparation:

  • Lavez les feuilles de lierre terrestre à l’eau vinaigrée. Ôtez les feuilles. Hachez- les.
  • Faites légèrement griller les pignons de pin à la poêle sans matière grasse.
  • Mélangez le chèvre, les pignons, le lierre terrestre, le miel, le sel et le poivre. Ajustez l’assaisonnement  (vous pouvez ajoutez plus de miel si vous le souhaitez)
  • Coupez chaque feuille de brick en deux.
  • Repliez la demi-feuille dans le sens de la longueur pour en faire une bande
  • Mettez une cuillère à soupe de chèvre sur le bout de la bande.
  • Repliez en triangle, puis continuez à plier en triangle jusqu’au bout de la bande.
  • Rentrez le petit bout restant dans le triangle pour refermer le brick.

 

 

 

 

 

 

 

 

Déposez les bricks sur une plaque, sur du papier sulfurisé.  Enduisez-les de beurre fondu.

  • Faites cuire à 180 ° 15 mn jusqu’à ce qu’il soient dorés.

Dégustez ! Bon appétit!

GLAÇONS AUX FLEURS SAUVAGES

Je ne sais pas vous mais moi j’ai une furieuse envie de printemps. Il faut dire que cette hiver a été particulièrement pluvieux et long, avec un froid tardif qui a retardé l’arrivée des beaux jours.

Et le printemps, outre les jours qui allongent, le soleil qui réchauffe les coeurs et les corps, c’est aussi le début des floraisons en tous genre. J’ai envie de fleurs, de couleurs pour égayer mon intérieur. Leur vue me réjouit. Et savez vous que de nombreuses fleurs sont comestibles?  Pas toutes, naturellement, et il vaut mieux se renseigner avant de consommer car certaines fleurs (y compris celles de votre jardin) sont hautement toxiques même à  faible dose.

Voici une liste de fleurs toxiques à connaître.  http://www.gerbeaud.com/jardin/cuisine_fleurs/liste_fleurs_toxiques.php3

Il reste de nombreuses fleurs consommables, qui donnent du peps à vos préparations, et, pour certaines, un goût plus doux ou contraire une peu d’acidité. Bien entendu soyez certains de l’endroit où vous cueillez vos fleurs: évitez les bords des routes  et les bords des champs cultivés. Evitez les espaces verts où les animaux vont faire leurs besoins (d’autant que les fleurs actuelles sont à ras de terre). Une fois cueillie votre récolte, secouez simplement les fleurs pour en faire sortir leurs hôtes indésirables si elles proviennent d’un champ ou d’une forêt bien protégées, et lavez les à l’eau vinaigrée si vous n’êtes pas sûr de la provenance. (Seule la cuisson pourra cependant prévenir les maladies comme l’échinococcose)

Tout au long de la saison, je vous donnerai des recettes avec des fleurs. Commençons par ces glaçons aux fleurs, que vous utiliserez dans les apéritifs.

Pour un joli effet, ne remplissez que l’équivalent d’un tiers de vos alvéoles avec les  fleurs. Une seule petite fleur, voire un ou deux pétales, suffiront si vous avez comme moi de petits bacs à glaçons. Mélangez les couleurs pour un plus joli effet: violette, tussilage, primevère, pâquerette, pissenlit,…

Vous pourrez en préparer pour les apéritifs de l’été. Il suffira d’un démouler par portion et de les conserver dans des petits sachets en plastique au congélateur.

 

 

 

 

 

 

ROULE AU SAUMON, ORTIE ET AIL DES OURS

Malgré la neige qui est encore tombée hier sans tenir au sol, il n’y a un je ne sais quoi dans l’atmosphère qui sent le printemps. Et cela me ravit. Les jours plus longs (il fait enfin jour quand je vais travailler et quand je rentre le soir!), avec, lorsque le soleil daigne se montrer, de beaux rayons chaleureux, et bien sûr les jeunes pousses, comestibles ou pas qui, pointant le bout de leur nez contre vents et marées, annoncent les beaux jours.

L’ail des ours pointe ses jeunes feuilles et ouvre des perspectives culinaires pour les prochaines semaines de plats savoureux déclinés à l’envi.

Aujourd’hui je vous propose de marier les jeunes pousses (orties et ail) avec du saumon fumé en un délicat roulé apéritif.  C’est un apéritif de printemps. Je l’ai déjà testé plus tard dans la saison et les feuilles d’ortie étaient trop amères.

Ingrédients:

  • 1 saladier de jeunes feuilles d’ortie
  • 1 poignée d’ail des ours
  • 4 belles tranches de saumon fumé
  • 1 barquette de fromage frais type st Möret
  • 4 œufs
  • sel, poivre

Préparation:

  • Faites chauffer votre four à 160°
  • Lavez les orties  et l’ail dans 3 eaux vinaigrées.
  • Otez les feuilles des orties et coupez les en lamelle fines au ciseau. Faites de même avec l’ail. (Hachez les si c’est trop gros)
  • Faites cuire les orties à l’eau bouillante 4 mn. Egouttez
  • Mélanger les orties cuites, l’ail, les œufs battus en omelette, sel poivre.
  • Etendre la préparation sur une plaque de four (sur une feuille de papier sulfurisé). Veillez à bien étaler votre préparation en une couche fine, sinon, une fois roulé vous ne sentirez plus votre saumon
  • Faites cuire environ 15 mn (surveillez en fonction de l’épaisseur et réduisez le temps de cuisson, il faut que le mélange reste malléable)
  • Sortir la préparation du four et laissez refroidir.
  • Tartinez de fromage frais
  • Découpez votre préparation en 4 carrés de la taille  des tranches de saumon
  • Posez votre saumon sur la préparation. Roulez  le tout bien serré dans du film alimentaire.
  • Réservez une heure minimum au réfrigérateur
  • Coupez en grosses tranches.

Bon appétit!

 

PETITS GATEAUX DE NOEL (BREDELE) SALES AU SERPOLET ET A L’HUILE D’OLIVE

J’aime Noël, j’aime les petits gâteaux, j’aime goûter des saveurs nouvelles, et puis, vous le savez si vous me suivez, j’ai une tendresse particulière pour le serpolet (ou thym serpolet)  , sinon voici l’histoire  http://www.jecuisinesauvage.fr/2017/07/06/fougasse-au-serpolet-tomates-sechees-et-lardons/

Quand j’ai vu donc les petits sablés de Noël au thym proposés par Leïla Martin  https://www.jevaisvouscuisiner.com/sables-de-noel-huile-olive-thym/12/2017/

je n’ai pas pu résister!!!

Mais comme ce blog est consacré à la cuisine des plantes sauvages, j’ai remplacé le thym par du serpolet, qui comme de nombreuses plantes sauvages, résiste vaillamment à l’hiver!

Ingrédients: pour une quarantaine de sablés

  • 160 g de farine
  • 1 demi c à café de sel fin
  • 90 g de beurre
  • 160 g de gruyère râpé (j’ai mis du comté pour plus de goût)
  • 1 jaune d’oeuf
  • 30 g d’huile d’olive
  • une grosse poignée de serpolet

Préparation:

  • Otez les feuilles du serpolet en faisant glisser vos ongles le long de la tige, ça s’enlève tout seul
  • Mélangez la farine et le sel.
  • Sablez avec le beurre tempéré coupé en petits morceaux.
  • Ajoutez le gruyère ou le comté haché, l’huile d’olive, les feuilles du serpolet et le jaune d’oeuf.
  • Mélangez de manière à former une boule homogène mais sans trop pétrir la pâte.
  • Emballez-la dans du film alimentaire et laissez-la reposer au frais pendant une heure
  • Etalez la pâte au rouleau sur une épaisseur de 2 mm environ.
  • Découpez des formes à l’emporte-pièce de votre choix.
  •  Rassemblez les chutes pour former à nouveau une boule de pâte.
  • Etalez à nouveau et découpez des formes. Et ainsi de suite jusqu’à épuisement de la pâte.
  • Placez les formes sur des plaques de cuisson recouvertes de papier sulfurisé.
  • Appliquez la dorure au pinceau.
  • Enfournez pour environ 20 minutes de cuisson à 160°C.
  • Laissez refroidir sur une grille et stockez vos bredele salés dans une boîte métallique.

    Vous pouvez les conserver 3 jours dans une boite en fer ou les congeler, ce que je fais pour les ressortir le 24 (enfin ceux qui restent parce que ils ont tendance à disparaître tous seuls!! )